Il y a donc des faits que
des paysages viennent symboliser ; il n'y a pas de désir de captation
cleptomaniaque, pas de défi aux lois du faire. Juste une observation de
voyageur : je suis dans un train, et je vois notre quotidien d'humains
occidentaux.
Certains paysages s'imposent à ma mémoire. Toutes les sources sont
bonnes pour cela. D'ailleurs pas besoin de faire de gros efforts pour se
noyer dans les images, il suffit d'un bouton « on », d'une promenade, ou
encore d'une visite dans quelques songes.
Un certain romantisme n'est pas loin, je le sais. Mais il faut avant
tout respecter ma volonté d'intégrité, de réalisme pensé et analysé dans
les sujets choisis. Plus j'avance et plus le choix est un aboutissement
qui demande du temps, ou plus exactement une concentration. C'est ce que
je tente depuis maintenant quelques années ; une petite plongée dans les
gris, les villes sans nom, évocatrices seulement. Des campagnes
mécanisées, des machines à tout faire sur la route, avancer jusqu'au
bout du terrain, de la plaque, du plan, de la surface. Un petit monde
sur quelques centimètres carrés.
Notre environnement est aussi ainsi, gris, absent et presque sans vie ;
une bombe, un paysage foudroyé après le feu mondialisé. Une poésie
tragique, ratée, brûlée à moitié, une histoire qui s'arrête là.
Pas une face cachée, ce que je sculpte à l'échelle de jouets assume des
ressemblances, des souvenirs, une latence paysagère, une madeleine de
Proust à l'envers, juste pour rire aussi. C'est aussi un choix, les
jouets, l'enfance, le retour à une échelle infantilisante, c'est aussi
du plaisir.
Lire en Fête
2006 - résultats du concours “La face cachée de la lune”
vendredi 13 octobre à 17h